Poutine et Netanyahou se rencontrent

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MOSCOU, Russie – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontrera le président russe Vladimir Poutine mercredi 9 mai à Moscou et discutera de l’évolution de la situation au Moyen-Orient, a annoncé aujourd’hui le chef du gouvernement israélien et le bureau de presse du Kremlin.
« Le Premier ministre israélien effectuera une visite de travail à Moscou le 9 mai », a annoncé le Kremlin.
« Il a été invité à assister au défilé militaire à l’occasion du 73e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique (Seconde Guerre mondiale) », a ajouté le Kremlin, dans lequel ils ont également confirmé les pourparlers entre les dirigeants russes et israéliens.
Le gouvernement israélien pousse la communauté internationale à « corriger ou rejeter » l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran à la lumière de la date limite du 12 mai fixée par le président américain Donald Trump. De plus, Israël est préoccupé par le fait que l’Iran consolide sa présence militaire en Syrie et a ciblé les positions iraniennes dans ce pays.

Frappes USA/France/GB en Syrie – Qui a gagné ?

Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 14 avril 2018

Hier soir, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé une attaque illégale contre la Syrie et ont bombardé plusieurs sites militaires et civils à l’intérieur du pays. Ils présentent leur attaque comme une vengeance ou une punition pour une prétendue« attaque chimique » qui a eu lieu une semaine plus tôt.

L’« incident chimique » du 7 avril à Douma a été fabriqué pour renverser la décision de Trump d’ordonner à l’armée américaine de quitter la Syrie. Les « rebelles » salafistes de Douma financés par les Saoudiens ont rassemblé des cadavres d’enfants, morts dans divers incidents et les ont empilés dans un appartement pour faire de fausses vidéosd’une « attaque chimique » qu’ils ont mensongèrement attribuée au gouvernement syrien.

Trump a fait semblant de prendre les vidéos pour argent comptant et a tweeté des menaces contre la Syrie et la Russie. La Russie a menacé de répondre fermement si une attaque des États-Unis touchait ses soldats ou ses intérêts en Syrie.

Le Royaume-Uni et la France, qui, comme les États-Unis, ont reçu récemment la visite du prince héritier saoudien et ont été inondés de milliards d’euros saoudiens, ont sauté sur l’occasion. La France admet aujourd’hui que ses « renseignements » sur l’incident de Douma sont uniquement basés sur les vidéos YouTube, de toute évidence mises en scène et les affirmations d’organes de propagande financés par l’occident qui coopèrent avec les djihadistes.

Hier, le ministère russe de la Défense a accusé la Grande-Bretagne d’avoir fabriqué l’« incident chimique » :

« Aujourd’hui, il y a d’autres preuves à la disposition du département militaire russe qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à la mise en œuvre de cette provocation dans la Ghouta orientale.

La Russie sait que du 3 au 6 avril, Londres a demandé aux Casques blancs de mettre rapidement en œuvre cette provocation qui avait été préparée à l’avance.

Les Casques blancs ont été informés que les militants de Jaysh al-Islam devaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie sur Damas du 3 au 6 avril.

Ce qui entraînerait une réponse des troupes gouvernementales que les représentants des Casques blancs devaient utiliser pour se livrer à des provocations avec des armes chimiques présumées. »

Les Casques blancs sont financés par le gouvernement britannique et sont dirigés par un « ancien » officier de renseignement militaire britannique. Les accusations directes de la Russie contre la Grande-Bretagne ont peut-être joué un rôle dans le déclenchement précipité de la frappe d’hier soir. L’arrivée de techniciens de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à Damas aussi. Ces derniers enquêteront aujourd’hui sur l’incident présumé à Douma et constateront probablement qu’il ne s’est rien passé. Le fait que les trois pays n’ont même pas attendu les résultats préliminaires de l’enquête doit être considéré comme un aveu de culpabilité. Ils savent que l’attaque chimique n’a pas eu lieu.

L’armée américaine craignait un conflit potentiel avec la Russie. Des négociations intenses ont eu lieu la semaine dernière entre le Pentagone et le ministère russe de la défense. On pense que le secrétaire à la Défense Mattis a dissuadé Trump d’opérer une frappe plus importante. La troisième guerre mondiale a été évitée.

La nuit dernière, quelque 107 missiles et missiles de croisière ont été tirés contre deux sites de recherche et huit aéroports militaires en Syrie par les forces américaines, françaises et britanniques. Les forces russes et syriennes ont été averties. Le personnel et les équipements avaient été évacués. Les forces russes n’ont pas réagi car leurs zones en Syrie n’étaient pas visées. La défense aérienne syrienne a réussi à abattre ou à détourner 71 missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Le Pentagone prétend qu’aucun de ses missiles n’a été détruit ou détourné de son objectif. Un média d’opposition syrien bien connu n’est pas d’accord avec la revendication du Pentagone :

« L’Observatoire syrien des droits de l’homme a réussi à documenter l’interception par les forces du régime de dizaines de missiles qui ont ciblé leurs positions et leurs bases militaires sur le territoire syrien ; plusieurs sources croisées ont confirmé à l’Observatoire syrien que le nombre de missiles abattus dépassait 65… »

Un taux de réussite de 60 à 70% pour la défense aérienne contre les missiles entrants est stupéfiant. La plupart d’entre eux auront été détruits par les systèmes Pantsir-S1 fournis par la Russie à la Syrie. Tous les aéroports militaires syriens sont désormais protégés par ces systèmes à courte portée et, alors que huit d’entre eux ont été ciblés, un seul a été touché.

L’une des cibles qui ont été touchées était le Centre de recherche scientifique de Barzah, non défendu, près de Damas. Le Pentagone prétend que des armes chimiques y sont fabriquées ou stockées. Cette affirmation est évidemment un mensonge :

  • En 2013, la Syrie a adhéré à la Convention sur la guerre chimique et a renoncé à toutes ses armes chimiques.
  • L’OIAC a vérifié tous les anciens sites d’armes chimiques accessibles en Syrie et a assisté à la destruction de l’équipement de production.
  • Il a visité et inspecté l’installation de Barzeh. Deux fois.
  • Le site de Barzah a été abandonné après que les équipements ont été enlevés.
  • On n’attaque pas un site avec des bombes normales si l’on sait que des armes chimiques y sont stockées. Les bombes diffuseraient les produits chimiques dangereux et tous ceux qui se trouveraient sous le vent seraient sérieusement affectés.
  • Après les frappes américaines, on pouvait voir des gens marcher dans les ruines. Aucun ne portait d’équipement de protection. Il n’y avait sûrement rien de « chimique ».

Il en va de même pour les installations de Jaramana touchées par les frappes. L’affirmation du Pentagone selon laquelle les frappes ont frappé les « installations de production et de stockage de produits chimiques » de la Syrie est un mensonge.

Personne n’aurait été tué par les frappes. Selon le ministère russe de la Défense, trois personnes ont été blessées.

Quelles seront les conséquences de ces frappes ?

La pression des médias, des interventionnistes et des néoconservateurs en faveur d’une guerre plus large contre la Syrie (et la Russie) de ces dernières semaines, s’est calmée. Même John McCain, qui veut toujours plus de guerres, semble satisfait.

Le président de la Russie Vladimir Poutine n’a pas mâché ses mots :

« Un acte d’agression contre un État souverain qui est sur la ligne de front du combat contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation de la Charte des Nations unies et des normes et des principes du droit international. »

Le gouvernement chinois déplore également la violation du droit international et de la charte de l’ONU.

En ordonnant la frappe, le président Trump a également enfreint la loi étasunienne, en particulier la War Powers Resolution.

Une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, mais, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France disposent du droit de véto, cela n’aura aucune conséquence.

L’une des choses qui ne doit pas satisfaire les États-Unis, c’est le succès que les défenses aériennes russes [Syrienne avec probablement l’aide de l’Armée Russe, NdSF] ont remporté hier soir contre les frappes américaines. Cette annonce de la déclaration du ministère russe de la Défense va leur créer des maux de tête supplémentaires :

« Il faut souligner qu’il y a plusieurs années, la Russie a cédé à la demande de nos partenaires occidentaux et a accepté de ne pas fournir de systèmes S-300 AD à la Syrie. Compte tenu de l’incident récent, la Russie estime pouvoir réexaminer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais aussi d’autres pays. »

Davantage de pays vont désormais pouvoir acheter du matériel de défense aérienne russe de pointe. Les ingérences des États-Unis et les frappes israéliennes contre la Syrie seront beaucoup plus risquées. Lorsque la Syrie aura les systèmes S-300, elle pourra détecter et attaquer tout avion israélien survolant le Liban. Israël a souvent utilisé l’espace aérien libanais pour attaquer des cibles en Syrie.  Il n’aura bientôt plus ce luxe.

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont tous publié des déclarations annonçant des représailles pour l’attaque. Elles auront lieu probablement sur le terrain contre des cibles et des actifs étasuniens en Irak, au Liban, en Syrie et en Israël. Le peuple syrien à Damas a constaté le succès des défenses aériennes et en a été très satisfait. Il répondra par un soutien accru à son gouvernement et à ses plans de libération de toute la Syrie.

Trump a échappé à la pression publique créée par la fausse « attaque chimique » grâce à une frappe aérienne plus ou moins symbolique. Il a tweeté « Mission accomplie ! ». Je pense qu’il va continuer d’insister pour qu’il soit mis fin aux opérations américaines en Syrie. Celui qui a mis en scène la fausse attaque chimique n’y a rien gagné.

La réaction de Trump est aussi une invitation aux djihadistes et à ceux qui les influencent de monter des opérations sous faux drapeau chaque fois que ça leur chante.

Le Pentagone a laissé la porte ouverte à de nouvelles « attaques chimiques » et à d’autres frappes étasuniennes. Il a affirmé aujourd’hui que la Syrie dispose toujours d’installations d’armes chimiques. Si c’est vraiment le cas, pourquoi les États-Unis n’exigent-ils pas une inspection et un démantèlement de ces installations par l’OIAC ? La Syrie a signé la Convention sur les armes chimiques et serait obligée de l’accepter.

Le mépris évident des États-Unis pour le droit international et pour les organisations internationales comme l’ONU, l’OIAC et l’AIEA aura de graves conséquences. Les États-Unis peuvent maintenant sûrement faire leur deuil d’un accord de désarmement avec la Corée du Nord. La Russie, la Chine et d’autres pays utiliseront l’exemple des frappes de la nuit dernière pour ignorer le droit international quand cela leur conviendra. Il n’y aura plus de faveurs comme de ne pas vendre de systèmes S-300 à certains pays ou de s’associer aux sanctions américaines contre d’autres pays.

En fin de compte, les instigateurs de la fausse attaque chimique, les États-Unis et leurs partenaires dans le crime se seront fait plus de mal à eux-mêmes, avec ces frappes, qu’ils n’en ont fait à la Syrie.

Traduction : Dominique Muselet

Fin de l’ère des empires maritimes

Par Dmitry Orlov – Le 19 avril 2018 – Source Club Orlov

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Bataille de Gravelines – 1588

Au cours des 500 dernières années, les nations européennes − le Portugal, les Pays-Bas, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la France et, brièvement, l’Allemagne − ont été capables de piller la planète en projetant leur puissance navale à l’étranger. Comme une grande partie de la population mondiale vit le long des côtes et que la plus grande partie de cette population commerce par voie maritime, les navires armés arrivés soudainement de nulle part ont pu mettre les populations locales à leur merci. Les armadas pouvaient piller, imposer un tribut, punir les désobéissants, puis utiliser ce pillage et ces rançons pour construire plus de navires, élargissant la portée de leurs empires navals. Cela a permis à une petite région avec peu de ressources naturelles et peu d’avantages concurrentiels au-delà d’une extrême pauvreté et d’une multitude de maladies transmissibles, de dominer le globe pendant un demi-millénaire.


Les héritiers ultimes de ce projet naval impérial sont les États-Unis, qui, avec la puissance aérienne additionnelle, leur flotte de porte-avions et leur vaste réseau de bases militaires à travers la planète, sont supposés pouvoir imposer la Pax Americana sur l’ensemble de la planète. Ou, plutôt, ont été en mesure de le faire − pendant la brève période entre l’effondrement de l’URSS et l’émergence de la Russie et de la Chine en tant que nouvelles puissances mondiales et leur développement de nouvelles technologies anti-navires et anti-aériens. Mais maintenant ce projet impérial touche à sa fin.

Avant l’effondrement soviétique, l’armée américaine n’osait pas menacer directement les pays auxquels l’URSS avait étendu sa protection. Néanmoins, en utilisant sa puissance navale pour dominer les voies maritimes qui transportaient du pétrole brut, et en exigeant que le pétrole soit échangé en dollars américains, les USA ont pu vivre au-dessus de leurs moyens en émettant des instruments de dette libellés en dollars et en forçant les pays du monde entier à y investir. Les Américains ont pu importer tout ce qu’ils voulaient en utilisant de l’argent emprunté tout en exportant de l’inflation, et en expropriant l’épargne des gens à travers le monde. Dans le processus, les États-Unis ont accumulé des niveaux absolument stupéfiants de dette nationale − au-delà de tout ce qui a été vu auparavant en termes absolus ou relatifs. Lorsque cette bombe de dette explosera finalement, elle va propager la dévastation économique bien au-delà des frontières américaines. Et elle explosera, une fois que la pompe à richesse qu’est le pétro-dollar, imposée au monde par la supériorité navale et aérienne américaine, cessera de fonctionner.

Une nouvelle technologie de missiles permet maintenant, à un coût très raisonnable, de vaincre un empire naval. Auparavant, pour mener une bataille navale, il fallait avoir des navires qui surpassaient ceux de l’ennemi en vitesse et en puissance de feu. L’Armada espagnole a été coulée par l’armada britannique. Plus récemment, cela a signifié que seuls les pays dont la puissance industrielle correspondait à celle des États-Unis pouvaient rêver de s’y opposer militairement. Mais cela a maintenant changé : les nouveaux missiles russes peuvent être lancés à des milliers de kilomètres, ne peuvent être arrêtés, et il en suffit d’un seul pour couler un destroyer et seulement deux pour couler un porte-avions. L’armada américaine peut maintenant être coulée sans avoir une contre-armada en opposition. La taille relative des économies américaine et russe ou des budgets de la défense devient sans importance : les Russes peuvent construire des missiles hypersoniques beaucoup plus rapidement et à moindre coût que les Américains seraient en mesure de construire plus de porte-avions.

Tout aussi important est le développement de nouvelles capacités de défense anti-aérienne en Russie : les systèmes S-300 et S-400, qui peuvent largement protéger l’espace aérien d’un pays. Partout où ces systèmes sont déployés, comme en Syrie, les forces américaines sont maintenant contraintes de rester hors de portée. Avec leur supériorité navale et aérienne qui s’évapore rapidement, tout ce que les États-Unis peuvent tenter militairement est d’utiliser de grandes forces terrestres − une option politiquement désagréable qui s’est avérée inefficace en Irak et en Afghanistan. Il y a aussi l’option nucléaire, et bien que leur arsenal nucléaire ne soit pas susceptible d’être neutralisé de sitôt, les armes nucléaires ne sont utiles qu’en tant que moyens de dissuasion. Leur valeur particulière est d’empêcher les guerres d’escalader au-delà d’un certain point, mais ce point d’inflexion ne concerne pas la neutralisation de leur domination navale et aérienne mondiale. Les armes nucléaires sont bien pires qu’inutiles pour augmenter un comportement agressif contre un adversaire doté aussi de l’arme nucléaire ; invariablement, ce serait un mouvement suicidaire. Ce à quoi les États-Unis sont maintenant confrontés est essentiellement un problème financier de dette irrécouvrable et une pompe à richesse défaillante, et il devrait être étonnamment évident que déclencher des explosions nucléaires partout dans le monde ne résoudra pas les problèmes d’un empire qui se délite.

Les événements qui signalent de vastes changements d’époque dans le monde semblent souvent mineurs lorsqu’ils sont considérés isolément. La traversée du Rubicon par Jules César n’était que la traversée d’une rivière ; les troupes soviétiques et américaines se rencontrant et fraternisant sur l’Elbe étaient, relativement parlant, un événement mineur, loin de l’échelle du siège de Leningrad, de la bataille de Stalingrad ou de la chute de Berlin. Pourtant, ils ont signalé un changement tectonique dans le paysage historique. Et peut-être que nous venons d’assister à quelque chose de similaire avec la récente et minuscule bataille de la Ghouta orientale en Syrie, où les États-Unis ont utilisé un simulacre d’armes chimiques comme prétexte pour lancer une attaque tout aussi symbolique sur certains aérodromes et bâtiments en Syrie. L’establishment de la politique étrangère des États-Unis a voulu montrer qu’il a toujours de l’importance et a un rôle à jouer, mais ce qui s’est réellement passé, c’est que la puissance navale et aérienne américaine a été mise presque totalement hors jeu.

Bien sûr, tout cela est une terrible nouvelle pour l’armée américaine et la politique étrangère de l’establishment, ainsi que pour les nombreux membres du Congrès américain dans les districts où le complexe militaro-industriel opère et là ou les bases militaires sont situées. De toute évidence, c’est aussi une mauvaise nouvelle pour le business de la défense, pour le personnel des bases militaires et pour beaucoup d’autres. C’est aussi une mauvaise nouvelle sur le plan économique, puisque les dépenses de défense sont à peu près le seul moyen efficace de relance économique dont le gouvernement américain est politiquement capable. Si vous vous en souvenez, les « emplois à la pelle » d’Obama n’ont rien fait pour prévenir la chute spectaculaire du taux d’activité, qui est un euphémisme pour ne pas parler du taux de chômage réel. Il y a aussi le merveilleux plan pour dépenser beaucoup d’argent avec le projet SpaceX d’Elon Musk (tout en continuant d’acheter des moteurs de fusée d’importance vitale aux Russes qui discutent actuellement de bloquer leur exportation vers les États-Unis en représailles aux sanctions américaines). En bref, enlevez le stimulus de la défense, et l’économie américaine fera un fort bruit d’éclatement suivi d’un bruit de sifflement diminuant graduellement.

Inutile de dire que tous ceux qui sont impliqués feront de leur mieux pour nier ou cacher le plus longtemps possible que la politique étrangère américaine et le complexe militaro-industriel sont maintenant neutralisés. Ma prédiction est que l’empire naval et aérien de l’Amérique n’échouera pas parce qu’il sera vaincu militairement, ni ne sera démantelé une fois que l’information de son inutilité se diffusera ; au lieu de cela, il sera forcé de réduire ses opérations pour cause de manque de fonds. Il y aura peut-être encore quelques grosses frictions avant qu’il n’abandonne, mais surtout ce que nous entendrons, c’est beaucoup de gémissements. C’est ainsi que l’URSS a trépassé ; c’est aussi comme ça que s’effacera l’Empire américain.

Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Le conflit syrien est une distraction cachant une guerre secrète

Par Brandon Smith – Le 18 avril 2018 – Source alt-market.com


En mars 2010, j’ai publié un article intitulé « Les mondialistes vont-ils déclencher une autre guerre mondiale ? » sous le nom de plume Giordano Bruno, décrivant ce que je pensais être les déclencheurs les plus efficaces pour un nouveau conflit mondial. Dans cet article, j’ai indiqué que la Syrie était la principale poudrière, suivie de près par l’Iran et le Yémen. Cela a été écrit bien avant que la guerre civile syrienne ne soit orchestrée par des intérêts liés à l’establishment. Je me suis concentré sur des attaques sous faux drapeaux potentielles qui pourraient être utilisées comme justification par les États-Unis ou Israël pour envahir la région, donnant ainsi à la Russie et à la Chine des raisons de riposter, pour l’essentiel sur le plan économique. En fin de compte, ce scénario pouvait parfaitement servir de couverture à l’effondrement délibéré du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale.

En août 2012, j’ai réitéré mes préoccupations dans un article intitulé « La Syrie et l’Iran sont les dominos qui mènent à la guerre mondiale » juste après que la guerre civile syrienne a commence à prendre de l’ampleur.

Inutile de dire que je n’ai pas changé ma thèse générale depuis lors. Cependant, j’aimerais aborder certains facteurs maintenant que les dangers que j’ai examinés dans ces articles se concrétisent en cette année 2018.

Premièrement, aucune preuve concrète n’a été produite par les agences de renseignement occidentales pour soutenir l’affirmation selon laquelle Bachar al-Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Aucune. Par conséquent, il n’y a aucune base légale pour les dernières attaques de missiles contre le régime. Cette même tactique d’attaque sous faux drapeau a été tentée sous l’administration Obama pour entraîner le peuple américain dans une guerre ouverte en Syrie et elle a échoué. Maintenant, la carte de l’arme chimique est rejouée, cette fois avec un président « conservateur ». L’establishment doit espérer que les Républicains trouveront une certaine excitation à devenir le parti de la guerre si longtemps après les années Bush.

Comme je l’ai demandé la dernière fois qu’une attaque sous faux drapeau chimique a été tentée, qu’avait Assad à gagner en lançant une attaque chimique contre des civils innocents alors qu’il a l’élan tactique et l’avantage dans la guerre « civile » ? La réponse est « rien ». Les seules personnes qui ont quelque chose à gagner en parlant d’une telle attaque, réelle ou fabriquée, sont les gens qui cherchent à créer le chaos pour leur propre bénéfice.

L’insinuation du fauteur de guerre néo-conservateur John Bolton du cabinet Trump, suggère que les néocons sont de retour aux affaires et qu’une guerre à venir est garantie. À ce stade avancé du jeu, il est peu probable que notre gouvernement ou tout autre gouvernement impliqué sur le théâtre syrien se soucie même d’expliquer ses actions. Lorsque les criminels de l’establishment ne se soucient plus de savoir si leur criminalité est transparente pour le public, alors on approche d’un effondrement de la société à grande échelle.

Deuxièmement, chaque théâtre, où Trump s’implique successivement, des tarifs douaniers aux tensions de guerre internationales, devient de plus en plus dramatique et je crois que cela vise à masquer les effets des réductions de bilan et des hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. La guerre réelle et secrète menée ne l’est pas contre la Syrie ou les alliés de la Syrie, mais contre le peuple américain et notre stabilité économique.

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En janvier de cette année, j’ai averti que les banques centrales se préparaient à entrer dans un processus accéléré pour dégonfler les énormes bulles financières qu’elles ont créées pour soutenir notre système financier au cours des dernières années. Ce processus se poursuit en effet et chaque augmentation des taux et chaque réduction de bilan successives agiront de manière cumulée. Cela signifie que les banquiers centraux traitent l’économie mondiale comme une tour Jengasurdimensionnée, tirant des blocs ici et là jusqu’à ce que le système s’effondre complètement par manque de stabilité.

Ce dernier événement en Syrie est encore un autre grand geste d’illusion, conçu pour fournir une couverture à la cabale bancaire alors qu’ils débranchent la prise pour le monde financier. Cela intervient également plutôt opportunément avant la prochaine réunion de la Fed les 1er et 2 mai. La réunion devrait inclure une nouvelle hausse des taux d’intérêt ainsi qu’une importante réduction du bilan, ce qui entraînera une autre chute importante des marchés. Toutes les actions négatives sur nos marchés manipulés seront désormais imputées aux activités de l’administration Trump et imputées aux représailles commerciales des pays à l’Est. Les médias traditionnels ne discuteront plus de la réalité selon laquelle les banques centrales sont la véritable cause d’une rupture systémique.

Troisièmement, la tendance actuelle suggère qu’il y aura des représailles économiques conjointes de la part de la Russie et de la Chine. La Chine a publiquement réprimandé le gouvernement américain pour ses frappes en Syrie  et ceci s’est simplement ajouté aux tensions croissantes sur les tarifs douaniers imposés par Trump. Encore une fois, c’est une occasion parfaite de saper l’économie américaine, principalement par le biais de la Chine et de la Russie qui pratiquent un dumping du dollar comme monnaie de réserve mondiale.

La baisse de l’utilisation du dollar a déjà commencé de manière semi-secrète. La monnaie chinoise a été introduite dans le système de panier des droits de tirage spéciaux du FMI, et la Chine a également lancé la première bourse pétrolière internationale qui n’utilise pas le dollar comme pétro-monnaie. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est le fait que l’abandon du dollar est soutenu et encouragé par les globalistes du FMI eux-mêmes.

Un changement imminent du cadre monétaire mondial est souvent qualifié de « grande remise à zéro économique mondiale » par les membres du FMI comme Christine Lagarde. Ce changement sera facilité par les banques centrales qui sabotent leurs économies nationales respectives par la création et la destruction de bulles sur les marchés. En fin de compte, ce ne sera pas le yuan chinois qui remplacera le dollar comme monnaie de réserve mondiale, mais le système de panier des DTS, contrôlé par le FMI.

La question de savoir comment cela peut être fait par les globalistes sans une crise de liquidité sans précédent revient souvent. Je ne suis pas sûr qu’ils se soucient qu’il y ait une crise de liquidité, au moins sur une courte période. Oui, le dollar américain possède un des marchés les plus liquides du monde mais il est faux de supposer que les globalistes ne sacrifieront pas ces marchés pour forcer le public à accepter une centralisation mondiale de l’administration monétaire (l’étape la plus importante et la plus essentielle pour établir un gouvernement mondial).

Les gens qui affirment que le dollar ne sera jamais démoli par les globalistes s’accrochent à la fausse notion qu’il n’y a pas de remplaçant possible à la liquidité du dollar. En réalité, il existe un remplaçant − les crypto-monnaies et la technologie du blockchain.

Le FMI a récemment applaudi aux systèmes de blockchain et des crypto-monnaies comme une force de rajeunissement potentielle dans les transactions monétaires internationales. Loin d’être opposés aux crypto-monnaies, les élitistes du monde entier s’y sont attelés avec éloges et investissements.

La réinitialisation économique mondiale ne concerne pas l’Est par rapport à l’Ouest. Il ne s’agit pas de guerre commerciale et de nationalisme. Non, la réinitialisation globale concerne la centralisation des actifs par les banquiers et la consolidation du pouvoir. Au-delà de cela, il s’agit de faire ACCEPTER par le public la réinitialisation comme nécessaire et « bonne » pour la société. Les globalistes veulent que nous quémandions leurs nouvelles lois. Quand on comprend cette vérité simple, tous les événements actuels et les désastres de notre époque commencent à avoir du sens. La crise est le chemin le plus rapide vers la complaisance et la tyrannie.

Le bourbier syrien est un chemin vers une calamité fabriquée et guidée. Ses effets continueront à s’infiltrer dans le monde économique comme une excuse internationale pour une guerre commerciale. La Syrie est un jeu de fumée et de miroirs.

La vraie guerre, une guerre secrète, se dispute entre les champions de la liberté et les globalistes menteurs. Pour l’instant, elle reste une guerre froide, une bataille de principes et de faits contre la désinformation et la peur. Un jour cette guerre deviendra une guerre chaude. Jusqu’à ce moment-là, les distractions vont assaillir le public comme la grêle. Mon espoir est que nous puissions éduquer suffisamment de gens pour voir à travers le brouillard de cette guerre cachée ; assez de gens pour sortir de l’autre côté et changer les choses pour le mieux.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone

Brandon Smith continue à tenir son cap d'une fausse opposition Est/Ouest et le show de Xi l'an dernier à Davos plaide pour cette logique. On peut avoir aussi d'autres avis ou d'autres analyses et nous vous en proposons d'autres, notamment sur une guerre froide 2.0, où le double jeu des Chinois pour leur permettre de se réindustrialiser avant de s'émanciper. De futures ruptures nous en dirons peut-être plus sur ces différentes théories.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

Comey, Clinton & Cie sont déférés au pénal. Un pas de plus vers la déchéance.

La Constitution tiendra-t-elle le coup et combien de temps les médias pourront-ils cacher l’affaire ?


Par Ray McGovern – Le 19 avril 2018 – Source Unz Review

La mise en accusation devant une cour pénale, ce mercredi 18 avril, par 11 Républicains de la Chambre des représentants, de l’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, ainsi que de plusieurs anciens hauts fonctionnaires du FBI et du ministère de la Justice (DOJ), est un pas de géant vers une crise constitutionnelle.

Sont nommés dans cette accusation au ministère de la Justice, pour d’éventuelles violations de la loi fédérale : Clinton ; l’ancien directeur du FBI James Comey ; l’ancien procureur général Loretta Lynch ; l’ancien directeur par intérim du FBI Andrew McCabe ; l’agent du FBI Peter Strzok ; l’avocat du FBI Lisa Page ; et le personnel du ministère de la Justice et du FBI « lié » au travail sur le « Dossier Steele », y compris l’ancien procureur général par intérim, Sally Yates, et l’ancien procureur général adjoint par intérim, Dana Boente.

Sans recevoir aucune attention de la part des médias grand public, l’accusation a été envoyée au procureur général Jeff Sessions, au directeur du FBI Christopher Wray et au procureur du district de l’Utah John Huber. Sessions avait nommé Huber il y a plusieurs mois pour assister l’inspecteur général (IG) Michael Horowitz. De l’avis de la plupart des gens, Horowitz fait un travail tout à fait professionnel. En tant qu’IG, cependant, Horowitz n’a pas le pouvoir d’intenter de poursuites ; il a besoin d’un procureur américain pour cela. Et cela doit bien déranger les suspects présumés.

Il ne s’agit pas d’une d’étude de cas dans une l’école de droit, ni d’un débat obscur sur les subtilités de telle ou telle loi. Plutôt, comme on dit au centre ville, « on va tomber de Charybde en Scylla ». Les renvois en matière criminelle peuvent mener à de longues peines d’emprisonnement. Certes, ce nec plus ultra washingtonien bénéficie de soutiens très puissants. Surtout de la part des médias grand public qui auront du mal à changer leur fusil d’épaule et passer du Russiagate au « FBIgate », sujet beaucoup plus délicat et bien plus difficile à avaler.

Au moment d’écrire ces lignes, une journée entière s’est écoulée depuis que la lettre/l’accusation a été déposée, sous le silence total, jusqu’à présent, du New York Times,du Washington Post et des autres grands médias qui doivent se demander comment bien pouvoir présenter ce développement majeur. Par contre, la nouvelle de ce renvoi au pénal a été évoquée par Amy Goodman du site d‘informations alternatives DemocracyNow ! ainsi que par de nombreux autres sites internet alternatifs.

Les 11 membres de la Chambre des représentants ont choisi d’inclure l’observation égalitaire suivante dans le premier paragraphe de leur accusation « Parce que nous croyons que ceux qui occupent des postes de haute autorité devraient être traités de la même façon que tous les autres Américains, nous voulons être sûrs que les violations potentielles de la loi décrites ci-dessous seront examinées de façon appropriée. » Si cette attitude peu commune pouvait prévaloir au Ministère de la Justice, cela aurait pour effet de révoquer de facto « l’exemption David Petraeus » dont profitent les enrubannés, les médaillés et les cravatés.

Se barricader

Pendant ce temps, la patience des présidents des comités de la Chambre qui enquêtent sur les abus au ministère de la Justice et au FBI s’épuise face à la lenteur qu’ils rencontrent dans la remise de documents clés du FBI qu’ils ont demandés dans le cadre de leur enquête. Cette résistance ouverte est d’autant plus étrange que plusieurs membres du comité ont déjà eu accès aux documents en question et sont peu susceptibles d’oublier le contenu de ce qu’ils y ont lu. (De plus, il semble y avoir de bonnes chances qu’un ou deux dénonciateurs patriotiques les avertissent que des documents clés ne leur ont pas été remis, si cela s’avérait être le cas.

L’inspecteur général du ministère de la Justice, qui supervise le FBI, s’est montré coopératif en répondant aux demandes d’information des commissions, mais ces demandes peuvent omettre des documents dont les commissions n’ont pas connaissance.

Mettant de côté ses motivations partisanes, le président de la Commission parlementaire sur le renseignement, Devin Nunes (R-CA), a été exceptionnellement brutal il y a deux mois en avertissant des conséquences juridiques pour les fonctionnaires qui ont induit en erreur la Cour de surveillance du renseignement étranger, pour pouvoir espionner Trump et ses associés. Les paroles de Nunes ont probablement fait frissonner ceux qui ont beaucoup à cacher : « S’ils méritent d’être jugés, nous les jugerons, a-t-il dit. La raison pour laquelle le Congrès existe, c’est pour superviser les agences que nous avons créées. »

L’Assemblée parviendra-t-elle à vaincre la résistance des personnes renvoyées au pénal et leurs nombreux complices et sera-t-elle en mesure d’exercer sa prérogative constitutionnelle de contrôle, voila l’importante question.

Et rien n’est plus important que les médias

Les médias joueront un rôle clé dans la résolution de cette question constitutionnelle. En grande partie à cause de la réputation bien méritée de Trump d’être un menteur, la plupart des Américains sont susceptibles d’avaler des manchettes biaisées comme celle-ci − « Trump fait monter les attaques contre le FBI… » – provenant d’un article paru dans le Washington Post, qui commente le traitement accordé à McCabe et au FBI qu’il a (des)servi avant son départ à la retraite.

Ou alors le Washington Post peut avertir, voire menacer, de façon claire et nette − comme dans cet article en première page du 17 mars : « Certains alliés de Trump disent qu’ils s’inquiètent de le voir jouer avec le feu en se moquant du FBI. C’est une guerre ouverte, une guerre totale. Et devinez quoi ? Le FBI va gagner », a déclaré un de ces alliés, qui a parlé anonymement pour pouvoir être franc. « Vous ne pouvez pas combattre le FBI. Ils vont l’exploser. » [sic]

Une activité criminelle époustouflante

Ce qui a motivé les personnages assignés pénalement est suffisamment clair, provenant d’une grande variété de sources, y compris l’échange de textos entre Strzok et Page. Beaucoup, cependant, n’ont pas été en mesure de comprendre comment ces responsables de l’application de la loi pensaient pouvoir s’en tirer après de telles incartades illégales.

Aucune des fuites, des révélations, la surveillance, les « études de l’opposition » ou autres activités dirigées contre la campagne Trump ne peuvent être comprises si l’on ne tient pas compte du fait qu’il était considéré comme certain que la secrétaire Clinton deviendrait présidente, auquel cas les activités illégales et extralégales entreprises pour l’aider à gagner seraient oubliées, et non pas jugées. Ces activités n’étaient donc guère considérées à haut risque car la candidate Clinton était sûre de gagner.

Mais elle a perdu.

Comey le dit lui-même dans son livre si puéril qu’il est en train de promouvoir, Une loyauté supérieure – qui est une sorte de stratégie de défense par l’attaque, motivée principalement par une loyauté envers lui-même, afin d’obtenir une carte « sortie de prison ». Chapeau bas à Matt Taibbi de Rolling Stone pour son importante observation, exposée dans son récent article intitulé « James Comey, le J. Edgar Hoover en herbe », où il met en exergue le passage le plus accablant du livre, celui où Comey discute de sa décision d’annoncer publiquement la réouverture de l’enquête sur les courriels d’Hillary Clinton.

Comey admet : « Il est tout à fait possible que, parce que je prenais des décisions dans un environnement où Hillary Clinton était sûre d’être la prochaine présidente, mon souci de faire d’elle une présidente illégitime en dissimulant la reprise de l’enquête ait eu plus de poids que si l’élection était plus proche ou si Donald Trump était en tête dans les sondages. »

Le point clé n’est pas le raisonnement tordu de Comey, mais plutôt que Clinton était « sûre d’être la prochaine présidente ». Cela conférerait, bien sûr, l’immunité automatique à ceux qui sont maintenant renvoyés criminellement au ministère de la Justice. Un pote a blagué que le terme « plus élevé » dans Une loyauté plus élevée se référait surtout à la taille de Comey qui lui permet d’abriter un ego surdimensionné à une hauteur « plus élevée ».

Ray McGovern

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.


 

Voici quelques unes de nos précédentes traductions sur cette épée de Damoclès suspendue au dessus de la collusion Clinton-FBI :

http://lesakerfrancophone.fr/explosif-choquant-alarmant

http://lesakerfrancophone.fr/des-indices-montrent-des-fausses-declarations-la-loi-bafouee-dans-la-facon-dont-le-fbi-enquete-sur-les-courriels-de-clinton

http://lesakerfrancophone.fr/des-agents-du-fbi-parlent-dune-societe-secrete-au-sein-du-ministere-de-la-justice-et-du-fbi

http://lesakerfrancophone.fr/le-russia-gate-est-en-train-dimploser

http://lesakerfrancophone.fr/declassifie-comey-a-tenu-une-reunion-secrete-avec-obama-a-propos-de-demasquages

http://lesakerfrancophone.fr/les-accusations-de-mueller-sont-surtout-embarrassantes-pour-le-parti-democrate

Pourquoi même une guerre commerciale n’arrêtera pas la stratégie “Made in China 2025”

Beijing trace sa propre route vers sa transformation en « super-puissance manufacturière » à haute valeur ajoutée.


Par Pepe Escobar – Le 12 avril 2018 – Source Asia Times.


Le discours du Président Xi Jinping au Forum de Boao, ponctué de métaphores chinoises et rédigé dans l’intention d’apaiser les craintes d’une guerre commerciale néfaste entre la Chine et les États-Unis, fut la prolongation logique de son célèbre discours au sommet de Davos l’an dernier, dans lequel il positionnait la Chine à l’avant-garde de la nouvelle mondialisation.


Au forum de Boao, le président Xi a insisté sur une « nouvelle phase d’ouverture »  de l’économie chinoise ; il a aussi vivement critiqué « la mentalité de jeu à somme nulle, digne de la Guerre froide » et fait l’éloge de la longue marche chinoise vers le développement, depuis son accession à l’OMC jusqu’à son propre projet d’intégration eurasiatique commerciale au XXIe siècle, l’initiative « Une ceinture, Une route » ou Nouvelle route de la soie.

À court terme, l’économie chinoise devra suivre un des deux vecteurs suivants. Beijing pourrait choisir d’ouvrir son économie principalement aux grandes sociétés américaines, une stratégie qui serait à l’avantage de l’Occident et qui est l’« option B » de la Chine. Ou bien, au cours des sept prochaines années, Beijing pourrait lancer une autre initiative innovante visant à consolider son statut de centre mondial des hautes technologies. Il s’agit là de l’« option A », privilégiée par Beijing.

Il se trouve que cette option A est parfaitement intégrée à l’effort de développement d’inter-connectivité de la Nouvelle route de la soie : de l’est de la Chine jusqu’à l’Europe occidentale, en passant par l’Asie centrale, l’Asie du sud-est, l’Asie du sud-ouest et même les républiques du Caucase. À travers la Nouvelle route de la soie, la Chine se prépare à exporter non seulement des capitaux et sa façon de faire du commerce mais également des produits de haute technologie à haute valeur ajoutée.

Ceci nous amène à la question de la confrontation de ces deux options, qu’il convient d’étudier en détail et qui est au centre d’un débat houleux sur la possibilité d’une guerre commerciale aussi certaine que dangereuse : « Chine 2030 » versus « Made in China 2025 ».

2030 ou 2025 ?

« China 2030 » a été publié en 2013 par la Banque mondiale en collaboration avec le ministère des Finances de la Chine et le Conseil d’État. Ce projet est bel et bien un produit de l’ère du président Hu Jintao, appelant à toutes les habituelles réformes d’économie de marché, avec un accent sur le « besoin » pour toute stratégie chinoise d’être « dirigée par quelques principes cardinaux : un marché ouvert ; le respect du principe d’équité ; une coopération mutuellement bénéfique ; une envergure inclusive mondiale et le développement durable ».

Mais le projet du président Xi Jiping est plus large que cela, il reprend un projet qui émane à l’origine du ministère du Commerce chinois qui fut d’abord nommé lors de sa présentation à Astana et à Jakarta, en 2013 « Une ceinture, Une route ». Un certain temps s’écoula avant que tout le monde comprenne que « Une ceinture, une route » n’était rien d’autre qu’un plan complet d’intégration pan-eurasiatique.

Puis, en 2015, Beijing présenta ce qui est de facto sa stratégie économique nationale : « Made in China 2025 ». Ce projet est lui aussi centré autour d’une Chine accélérant la cadence, mais cette fois dans un effort de réduction de sa dépendance aux technologies occidentales et de son rôle de chaîne de montage pour sociétés étrangères, en augmentant l’investissement national dans la recherche et le développement, en améliorant l’automatisation des usines chinoises et en développant des secteurs stratégiques tels que la robotique.

Nous arrivons déjà à l’objectif 2020 qui est de garantir une production industrielle locale faite à 70% de composants d’origine chinoise. Le succès de la marque Huawei, qui en a froissé plus d’un aux États-unis, la patrie d’Apple, est un petit exemple de ce qui nous attend dans le futur.

Cependant, « Made in China 2025 » est une stratégie encore plus ambitieuse, visant à catapulter l’Empire du milieu dans le tiercé de tête des industries de haute technologie avant 2049, soit pour le centenaire de la République populaire de Chine. C’est de cette manière que la Chine entend se sortir du « piège des revenus intermédiaires ».

Pour ce faire, Beijing a créé son propre projet national dont l’objectif est de transformer la Chine en superpuissance manufacturière de biens de haute technologie, exportant des trains à grande vitesse, des avions, des véhicules électriques, des robots, des technologies utilisant l’intelligence artificielle et le standard de téléphonie 5G qui seront au centre de «l’internet des objets ».
La Corée du Sud est évidemment un modèle économique précédent dont la Chine peut s’inspirer, notamment la modernisation graduelle des conglomérats « chaebol » qui a été supervisée par l’État. Une autre source d’inspiration majeure provient d’« Industrie 4.0 »,l’initiative stratégique nationale allemande lancée en 2011 dans le but de consolider son avancée technologique dans le domaine de l’ingénierie mécanique.

L’Europe aux premières loges

Le fait que la Chine ne se contente pas d’un strapontin dans le domaine de la haute technologie dominé par une élite américaine annonce ce qui était encore récemment impensable pour cette élite : un basculement de l’économie mondiale de l’Ouest vers l’Est à l’horizon 2025.

Beijing n’a pas l’intention de reculer dans cette entreprise. La direction prise est clairement un éloignement d’un monde unipolaire vers un monde multipolaire, où un partenariat avec la Russie de Poutine joue un rôle central puisqu’ils coordonnent leurs efforts dans tous les domaines, depuis l’adossement du yuan et du rouble à l’or, en passant par le développement d’une alternative au mécanisme de paiement SWIFT, jusqu’au projet d’inter-connectivité économique le plus ambitieux dans l’histoire de l’humanité, reliant 60 pays et cultures au sein de la « Nouvelle route de la soie ». Destinée à être intégrée à l’Union économique eurasiatique (http://www.eaeunion.org/?lang=en) cette initiative est, dans les grandes lignes, un effort concerté d’intégration de politiques industrielles étatiques.

Comme le soutient cet éditorial du Global Times, une guerre commerciale sino-américaine ne résoudrait rien et n’atténuerait certainement pas la compétition entre les deux initiatives que sont « Chine 2030 » (ouverture aux entreprises américaines) et « Made in China 2025 » (recours presque exclusif aux technologies chinoises). Les grandes sociétés américaines sont dans une position délicate, ayant massivement investi en Chine, transféré beaucoup de leur technologie en Chine et utilisant eux-mêmes des technologies chinoises du fait de la mondialisation des mouvements de biens. Si jamais un mur était érigé empêchant les échanges entre l’Amérique et la Chine, l’Europe serait heureuse de prendre la place de l’Amérique.

Pendant ce temps, Beijing jouera la carte de l’apaisement, par exemple en ouvrant son secteur financier à l’investissement étranger, y compris l’annulation du maximum autorisé à l’investissement étranger dans les banques chinoises.

Note de bas de page

Yi Gang, le nouveau directeur de la Banque de Chine, a promis lors du Forum de Boao que Beijing autorisera une participation maximale de 51% des investisseurs étrangers dans les sociétés de courtage, le marché des contrats à terme et les sociétés de gestion de fonds et retira complètement ce plafond dans tous ces secteurs en 2021.

Faisant preuve de beaucoup de diplomatie, M. Yi a déclaré : « Je dirais qu’avec l’ouverture des industries financières et des services, les États-Unis obtiendront dans le futur un avantage comparatif dans le commerce des services. De telle façon que lorsque nous aurons un commerce de biens et un commerce de services, les deux s’équilibreront ».

Cela dit, il reste toujours l’option « dure » pour résoudre le déficit commercial américain. Dans une note de recherche, c’est justement la voie préconisée par des analystes de Goldman Sachs, sous la direction de l’économiste en chef Jan Hatzius, qui suggère : « Pour un pays avec un déficit commercial chronique comme les États-Unis, il est possible d’augmenter suffisamment les barrières commerciales protégeant son marché pour obtenir une réduction significative de son déficit commercial. Mais cela au prix d’une croissance affaiblie. Pour simplifier, la seule façon assurée de réduire sensiblement le déficit commercial dans un contexte de représailles tarifaires est la récession ».

Entre une guerre commerciale ou une récession, une seule chose est claire : la Chine ne fera l’économie d’aucun effort pour mettre en place sa stratégie vers la supériorité technologique « Made in China 2025 ».

Pepe Escobar

Pepe Escobar est un analyste géopolitique indépendant. Il écrit pour Russia Today, Sputnik etTomDispatch et contribue régulièrement à des sites internet, des émissions de radio et de télévision sur des sujets allant des États-Unis à l’Asie de l’Est. Il est l’ancien correspondant itinérant pour Asia Times Online. Né au Brésil, il est correspondant à l’étranger depuis 1985 et a vécu à Londres, Paris, Milan, Los Angeles, Washington, Bangkok et Hong Kong. Avant le 11 septembre 2001, il était spécialisé sur la couverture médiatique des pays du Moyen-Orient à l’Asie centrale, avec une préférence pour les questions relatives aux luttes entre grandes puissances et les questions énergétiques. Il est l’auteur de Globalistan (2007) ; Red Zone Blues(2007) ; Obama does Globalistan (2009) et Empire of Chaos (2014), tous publiés par Nimble Books. Son dernier ouvrage, 2030, publié aussi chez Nimble Books, est sorti en décembre 2015.

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Syrie-Irak – Les États-Unis cajolent État islamique pendant que les autres se préparent pour la bataille finale

Par Moon of Alabama – Le 24 avril 2018

Le Compte vérifié du porte-parole de l’OIR @OIRSpox − 15:02 UTC − 24 avril 2018

La frappe de l’Irak sur un QG bien connu de Daech en Syrie a été planifiée/conduite par les forces de sécurité irakiennes, avec le soutien du @CJTFOIR. Cette frappe montre la volonté de l’Irak de faire ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité de ses citoyens ainsi que son rôle important dans la coalition internationale @Coalition to #defeatDaesh.

Le tweet ci-dessus du porte-parole de l’opération américaine Inherent resolve (OIR) contre EI est extrêmement trompeur, voire faux. Les États-Unis essaient de s’attribuer le mérite d’une frappe qui s’est déroulée sans leur accord. L’attaque contre EI a été lancée par une alliance anti-américaine et sert d’avertissement afin qu’ils arrêtent leurs manigances avec EI.

L’armée américaine en Syrie s’est abstenue de combattre EI depuis des mois. La carte du territoire détenu par EI (en gris) à la frontière syro-irakienne dans la zone sous contrôle américain au nord de l’Euphrate (en jaune) n’a pas changé depuis novembre 2017.

 (Le couloir jaune qui va vers le sud-est en direction de l’Irak sur la carte est trompeur. Les États-Unis n’ont pas de forces là-bas et EI l’a traversé plusieurs fois pour attaquer les forces syriennes (rouge) de l’autre côté de la rivière).

Le groupe britannique Airwars documente les frappes aériennes américaines en Irak et en Syrie. Les frappes américaines contre EI en Syrie sont tombées à une par jour ou même moins :

Les frappes américaines n’ont touché que des cibles très mineures. D’après le résumé hebdomadaire de l’OIR, daté du 30 mars au 5 avril (Syrie uniquement) :

→ Entre le 30 mars et le 5 avril, les forces militaires de la Coalition ont mené neuf frappes, soit 11 engagements en Syrie et en Irak.

• Aucune frappe n’a été signalée en Syrie le 5 avril 2018.

• Aucune frappe n’a été signalée en Syrie le 4 avril 2018.

• Aucune frappe n’a été signalée en Syrie ou en Irak le 3 avril 2018.

• Aucune frappe n’a été signalée en Syrie le 2 avril 2018.

• Le 1er avril en Syrie, les forces militaires de la Coalition ont mené une frappe consistant en trois engagements contre des cibles de Daesh.

• Près d’Abu Kamal, une attaque a engagé une unité tactique et détruit un véhicule de Daech.

• Le 31 mars en Syrie, les forces militaires de la Coalition ont mené une frappe consistant en un engagement contre Daesh.

• Près d’Abu Kamal, une attaque a engagé une unité tactique de Daech.

• Le 30 mars en Syrie, les forces militaires de la Coalition ont mené une frappe consistant en un engagement contre Daech.

• Près de Shadaddi, une attaque a engagé une unité tactique et détruit un véhicule de Daesh.

• Deux voitures et trois militants présumés (ce qu’ils nomment « unités tactiques ») ciblés en une semaine, ce n’est pas du tout un combat. Le nombre total de combattants d’EI dans la région est estimé entre 5 000 et 12 000. Les frappes américaines actuelles ne sont pas plus douloureuses que des piqûres d’épingle.

Il est évident que les États-Unis veulent maintenir EI en vie pour pouvoir l’utiliser à nouveau, si l’occasion est là, contre les gouvernements syrien et irakien. Le secrétaire d’État de l’époque, M. Kerry, ainsi que le président Obama ont admis avoir utilisé EI pour faire pression sur le président syrien Assad, puis sur le premier ministre irakien Maliki :

« La raison », a ajouté le président, « pour laquelle nous n’avons pas directement commencé une série de frappes aériennes dans tout l’Irak dès l’arrivée d’EI est que cela aurait atténué la pression sur le Premier ministre, Nuri Kamal al-Maliki. »

Nous assistons aujourd’hui à une répétition de ces manigances. EI a le temps de reprendre son souffle. Il est en train de retrouver ses capacités, en particulier dans la province irakienne d’Anbar, où il se déplace de village en village et menace les habitants. Il donne de nouvelles instructions stratégiques à ses partisans et leur demande d’attaquer ou de saboter les prochaines élections en Irak.

Comme les États-Unis ne veulent pas combattre EI, les gouvernements d’Irak, de Syrie, d’Iran et de Russie (+ le Hezbollah) ont décidé de prendre les choses en mains. Le 19 avril, ces 4+1 se sont réunis pour coordonner leurs futures campagnes.

badge de la salle d’opération des 4+1

Des responsables militaires d’Irak, de Syrie, d’Iran et de Russie se sont réunis dans leur salle d’opérations de Bagdad pour coordonner la poursuite de la lutte contre EI. Notez les quatre drapeaux sur la table d’honneur.

Le ministre iranien de la Défense brigade, le général Amir Hatami, a assisté à la réunion dans la salle des opérations et a tenu d’autres réunions avec les dirigeants des unités de mobilisation populaire irakienne (PMUI) ou Hashd al-Shaabi. (Le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, Qassem Soleimani, une cible prioritaire pour toutes les forces anti-iraniennes, est maintenant gardé intentionnellement hors de vue).

Cette réunion de haut niveau qui s’est tenue dans la salle des opérations a permis de se mettre d’accord sur les futures opérations et frappes. Avant la réunion, les responsables du renseignement militaire du 4+1 avaient identifié une cible potentielle pour une opération commune. Une attaque a été planifiée et conçue pour donner un nouvel élan à la nouvelle phase de combat. Elle devait également servir d’avertissement aux États-Unis.

Peu après la réunion, l’armée de l’air irakienne a bombardé un centre de commandement et de contrôle d’EI dans l’est de la Syrie, près d’Abu Kamal, dans la zone contrôlée par les États-Unis :

Selon un porte-parole militaire irakien, l’opération a été entièrement coordonnée avec l’armée syrienne.

Le ministère irakien de la Défense a distribué une vidéo de la frappe réussie sur une villa de trois étages. L’Irak a ensuite annoncé que 36 combattants d’EI, dont des commandants de haut rang, ont été tués.

Après la frappe, l’opération américaine Inherent Resolve a tenté de s’attribuer une partie du mérite de l’attaque en prétendant qu’elle était impliquée.

ASIE DU SUD-OUEST − L’armée de l’air irakienne a mené une frappe aérienne près de Hajin, en Syrie, contre les terroristes de Daesh opérant près de la frontière entre l’Irak et la Syrie le 19 avril. La frappe a été approuvée par le Premier ministre irakien et commandant en chef des forces armées, le Dr Haider Al Abadi.

La frappe démontre l’engagement de l’Irak à détruire les restes de Daech qui continuent de menacer ses citoyens. L’opération a été planifiée et exécutée par le Commandement des opérations conjointes irakiennes avec l’appui des services de renseignement de la Coalition.

« Cette opération met en évidence les capacités des forces armées irakiennes à poursuivre Daesh de manière agressive et à maintenir la sécurité intérieure de leur pays », a déclaré le brigadier. Général Robert B. Sofge, commandant adjoint des opérations, Force opérationnelle interarmées de l’Operation Inherent Resolve.

La mission de la Force opérationnelle interarmées de l’Operation Inherent Resolve est de vaincre Daech dans les zones désignées, en Irak et en Syrie, et de fixer les conditions pour des opérations de suivi afin d’accroître la stabilité régionale.

Selon mes sources, cette déclaration américaine est trompeuse, voire complètement fausse. Après que les quatre commandants de la salle d’opération de Bagdad ont décidé de la frappe, le commandement irakien a lancé l’attaque planifiée. Les Irakiens ont informé le commandement de l’OIR étasunien qu’une frappe aurait lieu, mais ils n’ont donné qu’une description approximative de la zone cible. Dit autrement, aucune marge de manœuvre n’a été laissée aux États-Unis pour avertir EI. Le « soutien du renseignement » américain pour l’opération consistait à maintenir ses avions à l’écart.

Le tweet du porte parole de l’OIR citée ci-dessus est une répétition de la déclaration que le commandement de l’OIR a émise le 19 avril. C’est revendiquer quelque chose qui n’a pas eu lieu.

Tandis que les États-Unis cajolent EI en Syrie pour l’utiliser à nouveau quand nécessaire, les 4+1 planifient une grande stratégie commune pour finalement détruire la menace Takfiri. Je m’attends à ce que cette opération ne commence qu’après les élections parlementaires irakiennes du 12 mai et la mise en place d’un nouveau gouvernement irakien. Il faudra préparer suffisamment de forces, tant du côté syrien que du côté irakien de la frontière. Du côté syrien, un pont militaire pour traverser l’Euphrate a récemment été reconstruit par l’armée syrienne et de nouveaux équipements arrivent dans la région.  La rencontre entre le ministre iranien et les milices populaires laisse entendre que ces unités auront un rôle important à jouer dans les prochains combats.

Les États-Unis essaieront-ils d’empêcher ou de miner ce plan de bataille ou resteront-ils à l’écart ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

Pourquoi tout le monde déteste Made in China 2025

Le grand plan chinois de développement de son secteur haute technologie n’est guère apprécié à l’étranger. En voici les raisons.


Par Lorand Laskai – Le 28 mars 2018 – Source Council on Foreign Relations

Le jour même où l’administration Trump annonçait 60 milliards de dollars de taxes douanières contre la Chine la semaine dernière, le Bureau américain au commerce (USTR) publiait les résultats de son enquête, au titre de l’article 301, sur les pratiques commerciales déloyales de la Chine. Ce rapport de près de 200 pages est une mise en accusation cinglante du mépris de la Chine pour la propriété intellectuelle, sa discrimination à l’égard des entreprises étrangères et l’utilisation de politiques industrielles préférentielles pour soutenir injustement les entreprises chinoises. Il est intéressant de noter que le rapport cite une initiative du gouvernement chinois, en particulier, comme un excellent exemple du comportement flagrant de Pékin : Made in China 2025.

Made in China 2025, approuvé par le Conseil d’État chinois en 2015 est mentionné ou cité cent seize fois. En revanche, la loi chinoise sur la cybersécurité, qui a causé un sacré mal de tête à de nombreuses multinationales américaines, n’est mentionnée que treize fois. Et pour une bonne raison. Le grand projet de Pékin de moderniser sa base manufacturière a agité les gouvernements du monde entier, confirmant leur suspicion du fait que la Chine ne cherche pas tant que cela des relations commerciales « gagnant-gagnant » comme le disent si souvent ses émissaires à l’étranger. Dans la saga de la rivalité économique entre les États-Unis et la Chine, Made in China 2025 se profile comme étant le vrai méchant, la véritable menace existentielle pour le leadership technologique des États-Unis.

Qu’est-ce que Made in China 2025 ? C’est le plan de développement économique de Pékin qui vise à transformer le pays en un centre de haute technologie  dominant dans les industries de pointe comme la robotique, les technologies de l’information, l’aviation et les véhicules à énergie nouvelle. Cette ambition a un sens dans le contexte de la trajectoire de développement de la Chine : les pays visent généralement à s’éloigner des industries à forte intensité de main-d’œuvre et à gravir la chaîne de valeur ajoutée à mesure que les salaires augmentent, de peur de tomber dans ce que l’on appelle le « Middle-income trap » [le piège du revenu moyen]. Les décideurs politiques chinois ont étudié avec diligence le concept allemand « Industry 4.0 » qui montre comment des technologies avancées comme les capteurs sans fil et la robotique, lorsqu’elles sont combinées à l’Internet, peuvent générer des gains significatifs en termes de productivité, d’efficacité et de précision.

Cependant, l’intention de la Chine et de son Made in China 2025 n’est pas tant de rejoindre les rangs des économies de haute technologie comme l’Allemagne, les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, que de les remplacer complètement. Made in China 2025 appelle à atteindre l’« autosuffisance » par la substitution technologique tout en devenant une « superpuissance manufacturière » qui dominerait le marché mondial des industries de haute technologie les plus importantes. Cela pourrait être un problème pour les pays qui dépendent de l’exportation de produits de haute technologie ou de la chaîne d’approvisionnement mondiale pour les composants de haute technologie.

Qu’y a-t-il de mal à ce que la Chine fixe des quotas d’autosuffisance ? D’une part, de tels quotas violent les règles de l’OMC contre la substitution technologique. Made in China 2025 fixe des objectifs d’autosuffisance de 70% pour les composants de base et les matériaux de base dans des industries comme les équipements aérospatiaux et les équipements de télécommunications d’ici 2025. Cela pourrait dévaster l’économie de pays comme la Corée du Sud et l’Allemagne, où les secteurs de haute technologie constituent une part importante de la production industrielle et de leurs exportations.

Quels pays sentent le souffle de Made in China 2025 ?

Les chaînes d’approvisionnement pour les produits de haute technologie s’étendent généralement au-delà des frontières, avec des composants hautement spécialisés souvent produits dans un pays et modifiés ou assemblés ailleurs. Plutôt que de se conformer au libre marché et au commerce fondé sur des règles, la Chine a l’intention de ramener à elle l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale de haute technologie en subventionnant l’industrie nationale et des politiques industrielles mercantilistes. Des documents semi-officiels prévoient des quotas encore plus spécifiques pour les fabricants chinois. Les fonctionnaires du ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) insistent sur le fait que ces objectifs ne constituent pas une politique officielle, bien qu’un rapport du Mercator Institute for Chinese Studies affirme que les fonctionnaires utilisent des documents internes ou semi-officiels pour communiquer les objectifs aux entreprises chinoises afin de ne pas violer ouvertement les règles de l’OMC.

Comment Pékin acquiert les technologies de pointe pour réaliser Made in China 2025 ?  Tout aussi problématique que l’objectif « d’autosuffisance » et de devenir une « superpuissance manufacturière » est la manière dont elle prévoit de l’atteindre. Les responsables chinois savent que la Chine est à la traîne dans les secteurs critiques de haute technologie et, par conséquent, ils préconisent une stratégie visant à promouvoir les acquisitions étrangères, les accords forcés de transfert de technologie et, dans de nombreux cas, le cyberespionnage commercial pour acquérir des technologies et un savoir-faire de pointe.

Alors que l’administration Obama a passé des années à faire pression sur Pékin pour freiner le cyber-espionnage commercial, Washington et d’autres capitales ne font que commencer à s’attaquer aux répercussions des accords d’investissement et de transfert de technologie chinois. Contrairement au cyber-vol, ni l’un ni l’autre n’est illégal en soi. La montée en flèche des investissements chinois aux États-Unis et en Europe est une histoire récurrente ces dernières années. Toutefois, les législateurs s’inquiètent de plus en plus du fait que ces investissements, en particulier dans les secteurs de haute technologie, ne sont pas seulement le produit des forces du marché mais aussi guidés par Pékin.

Des preuves circonstancielles confirment cette suspicion. Les investissements chinois aux États-Unis et ailleurs, en particulier dans les secteurs de haute technologie, ont monté en flèche depuis 2015. Souvent, ces investissements témoignent d’une stratégie coordonnée plus large. Prenons l’exemple de Fujian Grand Chips, une société chinoise prétendument privée, qui a tenté d’acquérir le constructeur de machines allemand Aixtron en 2016. Peu de temps avant la prise de contrôle publique d’Aixtron, une autre société du Fujian, San’an Optoelectronics, a annulé une commande critique d’Aixtron pour des raisons douteuses, faisant chuter ses actions et offrant à Fujian Grand Chips l’occasion de les racheter. Fujian Grand Chips et San’an Optoelectronics partageaient un investisseur commun : un important fonds national de semi-conducteurs contrôlé par Pékin. L’acquisition a été bloquée par une intervention de dernière minute de représentants du gouvernement mais elle a démontré comment Pékin peut gérer elle-même l’investissement à l’étranger, souvent de manière très coordonnée.

Les accords de transfert de technologie et les pratiques commerciales restrictives en Chine posent un problème similaire. Les entreprises étrangères concluent souvent des accords de transfert de propriété intellectuelle à des partenaires chinois en échange d’un accès au marché. Ces accords peuvent être une forme d’exploitation et mettre en évidence les asymétries d’accès au marché entre la Chine et le reste du monde. Parlant des acquisitions chinoises d’entreprises allemandes, le ministre allemand de l’économie, Sigmar Gabriel, a déclaré que l’Allemagne ne devrait pas « sacrifier ses entreprises sur l’autel du marché libre »  car la Chine refuse aux entreprises allemandes l’égalité d’accès aux investissements sur le marché chinois.

Que peut-on faire de façon réaliste ? Le mot-clé dans les récentes taxes douanières de Trump contre la Chine est « réciprocité ». C’est la bonne approche. Un groupe de travail de l’Asia Society a conclu l’année dernière que les États-Unis devraient insister de toute urgence sur la réciprocité dans les relations commerciales et d’investissement entre les États-Unis et la Chine, même si cela ajoute de la tension dans les relations. Cependant, une guerre commerciale, comme le souligne Scott Kennedy, n’est pas un jeu d’enfant, et il n’est pas clair si l’administration a une idée précise de la finalité souhaitée. De plus, Trump utilise une boule de démolition alors qu’un outil plus précis aurait fourni un meilleur résultat. En plus des mesures commerciales contre la Chine, Trump a également annoncé un tarif général sur l’acier étranger, qui touche autant les alliés américains que la Chine. Même si de nombreux alliés ont obtenu des exemptions temporaires au tarif douanier, le comportement pugilistique de Trump dégoûte les bonnes volontés. Comme Matthew P. Goodman et Ely Ratner l’ont fait valoir dans Foreign Affairs, de nombreux pays partagent le désir de Trump de combattre le mercantilisme chinois de haute technologie, mais Trump divise les alliés plutôt qu’il ne les unifie pour affronter la Chine.

Au lieu de cela, l’administration devrait se concentrer sur la construction d’un consensus politique à l’intérieur et à l’étranger. Cela devrait inclure le renouvellement du Comité sur l’investissement étranger aux États-Unis (CFIUS) afin de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs de haute technologie ; l’utilisation d’instances existantes comme l’OMC pour présenter des arguments contre les politiques industrielles chinoises ; et la réintégration du Partenariat Transpacifique qui fixe des normes élevées en matière de protection de la propriété intellectuelle, des normes du travail et de garanties contre la concurrence déloyale des entreprises d’État. Les investissements de bon sens dans le pays d’origine devraient également être une priorité. Investir dans l’éducation, l’infrastructure et les sciences fondamentales ne fait pas les mêmes manchettes qu’une guerre commerciale, mais fera davantage pour s’assurer que les États-Unis maintiennent leur avantage.

Lorand Laskai

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

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